Étape 13 - Vendredi 16 janvier
La Rioja > Cordoba
Liaison : 161 km | Spéciale : 545 km | Liaison : 47 km | Total : 753 km
Ce qui était annoncé : Après les milliers de kilomètres avalés, cette avant-dernière étape constitue un défi physique de premier ordre. Pour les pilotes de pointe, il faudra y tenir ses positions, tandis que les amateurs auront à se préserver de l’excès de confiance. Les erreurs pourraient laisser des souvenirs amers, puisque ce sera la journée des cactus. Au bivouac, les médecins devraient jouer de la pince à épiler. Enfin, pour les experts du rallye traditionnel, certaines routes font partie du patrimoine de la manche de coupe du monde qui se déroule chaque année à Cordoba. Ici, les aficionados garantissent une grande fête populaire.
Pour tous ceux qui se posaient la question, pour tous ceux qui en doutaient et pour tous ceux qui avaient besoin d’une piqûre de rappel… Robby en a sous le capot !
Après l’épisode catastrophique d’hier on pouvait émettre les plus grands doutes quant aux capacités physiques et de volonté de notre team leader pour rallier l’arrivée de cette 13ème étape ! Parti à 0800 du bivouac de La Rioja, Robby avait dormi deux heures, roulé 15 heures la veille, comme le jour d’avant d’ailleurs.
Il avait la possibilité de se reposer une fois la spéciale enclenchée… c’était mal connaître notre motard.
Les 300 km de liaison auraient pu être soporifiques et endormir sa volonté de se battre. Au contraire, elles lui ont permis, en toute lucidité, de faire le bilan de cette épreuve, de se rappeler les passes difficiles, comme les bons moments accumulés, notamment quand on passe la ligne d’arrivée. Et dès l’entame de la spéciale, c’est un Robby motivé qui file de courbe en courbe, déjouant cette fois-ci parfaitement les pièges de la piste caillouteuse. « J’ai tout de même pris une glissade… » (En effet la moto a quelques éraflures de plus sur le côté gauche, mais… presque miraculeusement, l’intervention mécanique est aujourd’hui limitée au strict minimum, la roue avant – le bib mousse était mort - , 3 rayons sur a roue arrière, filtre à air et vidange).
C’est donc un Robby serein que nous avons retrouvé ce soir (pas encore douché mais c’est pour tout bientôt) qui va enfin pouvoir se payer une bonne nuit, sans être à l’arrache pour se confronter à l’ultime épreuve, la quatorzième étape qui le verra, nous en sommes bien sûr totalement persuadés franchir la ligne d’arrivée à Buenos Aires !
Il va la franchir… comme le plus gros des poireaux ! Il faut un dernier et aujourd’hui le dernier… c’est Robby. Ce n’est peut être pas définitif car il a pris 40 heures de pénalité qu’il va contester (il ne sait pas pourquoi) et qui pourrait le voir perdre cette place qui lui permettra dimanche de monter sur le podium… en premier ! Notre sondage-gag n’était pas loin du compte !
Et pendant ce temps l’assistance : réveillés à 0500 par l’arrivée de Robby, levés tôt, pour réparer la moto et préparer le road book à sa place, nous nous sommes ensuite offert un solide petit déjeuner et … une douche. La dernière, c’était dimanche dernier à Valparaiso, depuis juste un bain dans une rivière ! Nous avons pris ensuite la route de Cordoba, rapidement sur l’autoroute rectiligne et monotone. La chaleur, qui nous a épargné pendant une bonne moitié de l’aventure se fait sentir de plus en plus. Vers 1300, arrêt dans une parilla « grillades »… indice qui saute aux yeux… le bos est obèse, sa femme est obèse et les serveuses aussi… Seul le chien semble svelte (pauvre bête)… On comprend vite pourquoi quand enfin rassasié des saucisses, des tripes, du boudin, des ribs et du steak, la serveuse amène encore du bœuf supplémentaire et encore des ribs !! Ils sont fous ceux-là. A la fin du repas une séance d’autographes à rallonge nous oblige presque à prendre la fuite !
50 km plus loin, un pont sur une rivière, des gens qui se baignent.. Il n’en faut pas plus. Par chance l’endroit est doté de la 3G, c’est la « best place in the world de la journée »! C’est depuis là que nous apprenons que Robby a terminé l’étape, il nous faut nous hâter, il reste tout de même 70 km à parcourir !
Pour la première fois depuis 10 jours nous pouvons diner tous les 4 ensemble et Robby se couche tôt car il doit démarrer à 0500 demain. Demain donc… la dernière étape de ce Dakar 2009, un Dakar dur, épuisant et cassant, de l’avis de tous. Un pilote glissait « off » (mais pas assez pour que nous n’entendions) à Etienne Lavigne : « Je suis plus descendu de ma voiture dans ce Dakar que dans les 5 autres que j’ai courru réunis ! » Ce Dakar qui a vu même les meilleurs échouer.
Galerie photo « tour de bivouac ». Vous nous réclamez dans vos « posts » des images que l’on ne vous montre pas à la TV, des images de l’intérieur. J’ai fait quelques clichés jeudi soir que vous pouvez découvrir dans la page Galerie Photo.
De même, le passage des Andes à plus de 4500 m par la piste du Pirac Negras fut pour nous une rande journée (alors que les concurrents ont finalement franchi les Andes par la route. J’ai réuni quelques clichés sympas pris à l’occasion dans cette même page.