jan 15

 
Retrouvez les photos de la journée dans la page GALERIE PHOTO
 
Étape 10 – Mardi 13 janvier
Copiapo > Copiapo
 
Liaison : 20 km | Spéciale : 666 km | Liaison : 0 km | Total : 686 km
 
Ce qui était annoncé : La spéciale du jour est tout simplement la plus longue et la plus difficile du rallye. Comme la veille, c’est en fin de journée que les concurrents aborderont une série de dunes d’une centaine de kilomètres. Et dans ce domaine, même les meilleurs spécialistes éprouveront un sentiment de nouveauté. Les dunes chiliennes sont de véritables montagnes de sable dont il faut apprendre à escalader et dévaler les flancs, sur plus d’un kilomètre. Autre inconnue : avec les grandes chaleurs qui séviront sur la région, personne ne connaît avec précision le comportement du sable. Quoi qu’il en soit, garder sa lucidité jusqu’au bout sera impératif. Dans les faits et sur crainte de perturbations météo (brouillard) l’étape a été raccourcie de 200 km. De fait, l’étape a effectivement démarré avec 2h40 de retard. C’est ces mêmes conditions météo qui ont conduit les organisateurs à neutraliser l’étape Copiapo-Fiambala (voir plus loin).
 
Comment Robby a vécu l’étape : Les 15 heures passées sur la moto la veille ont laissé des traces. Après une nuit courte (pardon… j’ai fait sonner mon réveil à 0500 alors qu’il pouvait dormir jusqu’à 0600), Robby part à l’assaut des 476 km de cette étape. Le programme annoncé est clair, ce sera difficile. La première partie se passe sans problème et Robby se paie le luxe de doubler quelques concurrents. Un peu trop en confiance sans doute, 500 mètres avant le CP2, il s’offre un 360° moto comprise en se plantant dans un rio asséché… Un miracle (de plus…) ni lui, ni la moto n’ont réellement soufferts de la cascade et il peut reprendre l’étape, certes un peu plus prudemment. Robby souffre tout de même d’une douleur aux côtes, il est retombé sur le dos protégé par sa coque et le sac à dos mais à sans doute tapé le thorax contre le guidon. Notre homme est un guerrier, nous en avons désormais plusieurs preuves et il enquille les CP de manière régulière. Il s’attaque enfin au fameux cordon de dunes de 100 km (voir les superbes photos Maindru) et arrivé au dernier CP à 19h30, il apprend que la course a été neutralisé. Il échappe donc à la dernière série de dunes et rejoint la route pour arriver au campement vers 21h00 !! Encore une sacrée journée. Inquiet tout de même de le voir nager dans le sable, je lui avais envoyé un SMS d’encouragement avec l’info de l’annulation de l’étape de la veille… (c’est toujours un réconfort de savoir qu’on peut se mettre de nuit sans trop de crainte pour l’épreuve du lendemain). Le désert n’est plus ce qu’il était (il y a des antennes…) et il me répond qu’il est au café et qu’il arrive ! Au final, une étape de plus dans le sac avec tout de même une grosse frayeur ! Tôt dans la journée, Robby avait d’ailleurs passé l’endroit ou Christobal a fait sa chute alors que celui-ci au sol, encadré par d’autres motards. Espérons qu’il s’en sortira, les nouvelles n’étaient pas très rassurantes. Au niveau du matériel, le bilan de la journée est le suivant : amortisseur de direction cassé (pour rigidifier les mouvements et ainsi faire que la roue ne tourne pas brutalement si elle bute sur une pierre par exemple), tôle de support d’antennes à l’agonie (pliés, repliés, rerepliés), radiateur gauche très conciliant mais proche de la fin de vie. La réparation sur la fixation de la selle (hier soir) n’a pas tenu, il faut donc ressortir la colle bi-composants ! Dès son arrivée au bivouac, la bécane est prise en main par JR et Ben, nous avons dîné avant l’arrivée de notre team leader. Demain sera donc une journée sans chrono ! On peut s’en désoler, mais elle sera la même pour tout le monde ! Il ne reste donc plus que 3 étapes avant de rallier Buenos Aires ! Le challenge est désormais à la portée de Robby !!!
 
Et pendant ce temps l’assistance : réveil tardif pour notre première et unique véritable journée de repos ! Nous quittons le camp vers 10h00. (rempli de VIP de toutes sortes, on se croirait au zoo, hier, JR s’est même fait photographier pendant qu’il faisait la sieste). Cette présence massive de curieux change quelque peu l’atmosphère du bivouac et le rend encore moins convivial – déjà qu’on se tape pas sur le ventre au quotidien entre les équipes ! Direction la côte où se trouve une petite station balnéaire – La Caldera – et une crique dont les eaux turquoises font vraiment envie (en photo) – « Bahia inglesa ». Si les eaux se révèlent assez vite à nos yeux dès que le temps se lève enfin, la température qui doit plafonner à 13° nous décourage totalement. Nous reportons note amertume sur un plat de coquilles Saint Jacques ! Un peu plus loin, au centre-ville de la Caldera, la place municipale offre le Wi-Fi gratuit (mais peu performant). Nous nous replions sur un webcenter (qui loue aussi des vélos ( !). C’est de là que j’ai pu faire les mises à jour concernant la journée d’hier. Une petite glace dans un café (qui offre aussi le Wi-Fi à ses clients décidemnent) et nous voila de retour dans la région de Copiapo (à 60 km) du littoral et entreprenons de retrouver le chemin de la spéciale pour se payer une belle séance photo. Nous devons renoncer vers 19h00, les dunes sont des montagnes et il faut parcourir plusieurs kilomètres pour les contourne, ce fut tout de même un chouette hors piste. Nous rentrons au bivouac pour attendre Robby ! Ce soir il faudra donc réparer et préparer notre départ pour la traversée des Andes, il nous est conseillé de quitter le camp avant 0600, 790 km de piste étant au programme ! Waowwww enfin, on attend cette étape depuis le départ !

jan 13

Étape 9 – Lundi 12 janvier
La Serena > Copiapo

Liaison : 88 km | Spéciale : 449 km | Liaison : 0 km | Total : 537 km

Ce qui était annoncé : Nous sommes dans le premier acte d’une trilogie décisive. La réputation du désert de l’Atacama, présenté comme le plus aride du monde, pourra être éprouvée par les concurrents. Ceux qui espèrent y trouver beaucoup de dunes seront comblés. Mais ils seront aussi généreusement servis en cailloux. Cette étape porte la signature du Dakar 2009, avec des changements de terrains nombreux. Le positionnement des difficultés, avec de longues portions de dunes dans le final, imposera aux pilotes de garder leurs forces. Il faudra à la fois faire preuve de polyvalence et d’un sens aigüe de la gestion de l’effort.

Comme « petit cadeau » aux survivants de ce Dakar, les organisateurs ont tronqué la toute dernière section de dunes et ont donc raccourcis l’épreuve de 20 kilomètres. 20 sur 537… ce n’est pas grand chose en soi mais ces 20 là promettait d’être les derniers pour un bon nombre de motards notamment ayant déjà accumulé plus de 6000 km depuis le samedi. Robby fait partie de ceux là ! Les bénéfices de la journée de repos sont déjà oubliés et désormais chaque kilomètre parcouru, chaque vallée passée, chaque gué franchi est une victoire en soi !

Comment Robby a vécu l’étape : revigoré par son honnête prestation de dimanche, Robby est parti en confiance et sur un bon rythme dans cette étape. Cela n’allait pas durer car dès les premiers kilomètres, le moteur s’éteint sans raison apparente. Après examen, il s’avère que les commandes de contact d’origine (qui pour le rallye sont déplacées du guidon vers l’axe de la fourche (pour permettre l’installation des nombreuses commandes des éléments de navigation) ont perdu leur support, pendent le long de leur fil, fil qui s’est déconnecté. Il faut de longues minutes à Robby pour réparer. Il reprend ensuite son périple et traverse les contreforts des Andes, s’approchant de plus en plus de l’Atacama. Les paysages deviennent très vallonés et lunaires, les sables de différentes couleurs s’alternent : violet, jaune, rouge… La piste est roulante et Robby se fait plaisir. « Sans raison » Le réservoir avant gauche sort de son logement faisant du même coup sauter la selle… Après examen il s’avère qu’un violent choc sous le sabot a faussé la fixation basse du réservoir… Le logement de fixation de la selle a cassé également. Robby refixe tout cela avec quelques mètres de scotch gris (voir la galerie photo du jour, les clichés que j’ai pris avant réparation…)
Après cet événement, la route devient plus longue… Les voitures passent et déjà les premiers camions le rejoignent l’obligeant à rouler un peu hors de la piste pour éviter le terrain rendu trop meuble.
Les kilomètres défilent… Mais le temps aussi, déjà 14 heures sur la moto quand Robby rejoint le CP5 à 20 km de la fin de course. Il décide alors de « couper » 3 Ways points… quitte à prendre des pénalités, cela lui évitera de rentrer à la nuit noire et de se mettre trop en danger. Ce n’est certes pas très classe, mais c’est une technique commune et admise (attention : si on loupe 4 WPE de suite on est disqualifié !) et l’étape de demain s’annonce terrible (même si 180 km de dunes ont d’hors et déjà été coupés) et il faudra y survivre ce qui ne sera pas du tout évident avec plus de 15 heures de guidon dans les bras la veille ! Courage Robby, si tu passes celle-là, Buenos Aires sera encore plus proche !

Et pendant ce temps l’assistance : pour nous aussi, il devient difficile de se lever. 4500 km effectués, 9  nuits en tente, mouai… les joies du camping ça va un moment ! Surtout qu’il n’y a pas de piscine (JR dit que je râle tout le temps !) Levés à 0700 nous partons en direction de Copiapo après un solide petit-déjeuner (toujours le même chaque matin : céréales, omelette, saucisses, café, jus de fruit, tartine et yaourt ! Nous avons planifié de voir passer Robby au CP2 pour le prendre en photo (c’est une chance car c’est rare quand les routes des assistances et de la course se croise). Nous arrivons juste pour voir passer les premières voitures et le gros du peloton des motos (voir la galerie, ce fut l’occasion de prendre du plaisir-photo et d’enfin rentabiliser un peu mon couple 50D + 70-200 à 2.8 constant). Il faut par contre se rendre à l’évidence, Robby ne passe toujours pas et les motos se font rares (et d’ailleurs la dernière que nous avons vu passer, nous avons cru que c’était une mobylette chilienne allant chercher le pain et le lait ! Nous ne pouvions pas alors savoir que Robby avait connu ses problèmes électriques juste avant et que cela l’avait déjà beaucoup retardé. Nous quittons donc le CP2 et arrivons vers 17h00 au bivouac de Copiaop. Bivouac situé à l’écart de la ville (encore une fois)… mais dans un cadre désertique superbe. Il fait bon grâce à la brise, mais on s’imagine facilement une fournaise implacable dès que le vent s’essoufle.
Robby arrive enfin vers 21h00 et nous attaquons la moto pour 2 heures de mécanique vu les dégâts occasionnés dans la journée. Demain sera une journée cool pour nous car nous ne changeons pas de bivouac, nous allons en profiter pour visiter un peu la région et pourquoi pas nous rendre sur la côte (à 60 km) à « Bahia Inglesa », un site balnéaire où l’eau est peu profonde et donc surement à température… intéressante !!! (reflexion faite, je suis en train de poster depuis la place centrale de La Caldera, petite cité balnéaire… (d’ailleurs faut vraiment qu’on prenne des leçons en la matière en Europe… le Wi-Fi est encore une fois gratuit!)… L’eau est belle et cristalline mais… vraiment à 12°!