
Fiambala > La Rioja
Liaison : 4 km | Spéciale : 253 km | Liaison : 261 km | Total : 518 km
Ce qui était annoncé : En matière de franchissement, la spéciale du jour est un concentré de technique. Plusieurs types de dunes se présenteront, y compris les très redoutées « dunes blanches ». À trois jours de l’arrivée, cette étape peut bouleverser la hiérarchie, spécialement parce que les véhicules d’assistance n’ont pas accès au bivouac de Fiambala. La règle absolue, c’est encore de savoir économiser sa machine.
N’y allons pas par 4 chemins, l’étape d’hier n’était pas annoncée comme la plus difficile mais elle aurait très bien pu être la dernière pour Robby, et voici pourquoi : parti de Fiambala (étape marathon donc nous ne l’avions pas vu la veille) Robby part pour les 250 km de la spéciale, il se comporte plutôt bien jusqu’au CP1. Entre le CP1 et le CP2, il rencontre un problème d’alimentation essence et doit démonter les réservoirs avant pour les reverser dans les réservoirs arrière. Cela lui prend beaucoup de temps. Au CP2 il a la possibilité de faire le plein mais juge suffisant de ne remplir que ses réservoirs avant (c’est en théorie bien suffisant pour effectuer les 150 km qui le sépare à cet instant de la pompe à essence qu’il rencontrera lors de la liaison qui le conduira au bivouac…
Mais c’est à partir du CP2 que tout se complique. Vous comme nous l’avez surement suivi sur le tracking du site www.dakar.com. Plus de news depuis le CP2. Arrivés au bivouac vers 1700, nous demandons vers 1830 une position iritrack au CP course qui est très positive, il n’est qu’à 4 kilomètres de la sortie de spéciale. Rassurant car il reste tout de même près de 300 km de liaison par la route à effectuer ensuite
Patatras vers 20h30. Coup de téléphone satellite de Robby, « je suis en panne d’essence dans un canyon, il fait bientôt nuit, c’est la merde »… Après réflexion et reprise de sa position iritrack au PC course (il n’a en fait pas bougé depuis 1830, donc il était déjà surement en panne à cette heure là) et après le briefing qui nous apprend que l’étape de vendredi sera amputée, nous lui conseillons soit de se rendre à pied au CP de sortie (3,7 km depuis sa position) soit de tirer au cap 290 (toujours à pied) en direction d’une route (4 km) pour essayer de se faire aider par des gens de passage. Robby rechigne et apparaît comme résigné mais nous insistons car l’étape a été neutralisée et l’étape du lendemain est amputée, il y a donc une carte à jouer pour ne pas se trouver hors course. Notre passage au stand concurrent pour la position iritrack n’a pas tardé à faire des vagues et nous nous prenons assez vigoureusement la tête avec un trouduc en chemise blanche et qui vient interpeller la bonne âme qui nous a donné les infos si précises « Ce sont des infos ASO non communicables »… Pauvre type, on voit bien que ce n’ets pas lui qui est au fond du trou. Je m’en prends à lui en insistant sur le fait que tous les autres concurrents qui étaient après Robby ont pu sortir de la course au CP2 et sont donc déjà pour la plupard rentrés au bivouac (même configuration que dans l’étape de San Rafael où Robby était resté coincé au fond d’un trou avec son radiateur explosé). Seulement là, nous sommes à 300 km de lui, donc impossible de l’aider, il doit se démmerder !
Finalement, vers 0100 un véhicule de l’assistance médicale opportunément conduit par Eric (un pote de JR et de Ben) passe par là.. et ravitaille Robby en essence ! Un grand merci à Eric… tu as sauvé la course de notre team leader !!!
Robby arrive enfin au bivouac… il est 0500 ! Il s’écroule exténué (et sans se doucher… beuhhhhhhhhhhh). A 0600 nous nous levons et pendant qu’il dort JR et Ben réparent la moto (qui a une fois encore souffert d’un énorme choc sur l’avant, tout la partie navigation a reculé de plus de 10 cm) je me rends au PC course pour négocier avec le patron des commissaires moto. But : obtenir qu’il puisse faire l’étape en liaison en échange de pénalités compte tenu du fait qu’il n’a pas été averti que l’étape était neutralisée et donc qu’il a injustement passé de longues heures à la peine. Peine perdue d’ailleurs… Clairement mais avec courtoisie, le commissaire m’explique qu’il ne peut plus se permettre ce genre de gestes car quelques jours avant il a du éliminer des concurrents et « sportivement » ne peut pas tenir plusieurs conduites au fil des jours. C’est bien-sûr tout à fait justifié. Il me conseille de faire partir Robby 5 minutes avant la 1ère voiture (c’est la dernière limite avant d’être mis hors course), qu’il effectue la liaison, l’entrée en spéciale et qu’éventuellement après il se repose ! Je vais ensuite relever le road book sur lequel de nombreuses corrections sont effectuées pour cause de raccourcissement de l’épreuve de ce vendredi.
Et à 0755, la moto est prête, le road book installé, nous réveillons Robby, nous l’habillons et lui posons le cul sur sa KTM après lui avoir expliqué la marche à suivre.
C’est totalement hallucinant, il faut en convenir et nous sommes assez inquiets de le voir partir dans cet état. Voici donc toute l’histoire, je vous épargne le fait qu’à La Rioja l’internet était juste inexistant (à part donc à l’hôtel 5 étoiles…) mais je ne pouvais venir y squatter, c’était à plusieurs kilomètres du bivouac ! Donc évidemment compliqué de vous tenir au courant heure par heure!
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